Une grande plaine semi désertique, seuls quelques buissons rachitiques, des ébauches de chemins qui deviendront sûrement des bourbiers avec la pluie. Au milieu s'élève une colline petite mais abrupte au sommet de laquelle trône une petite maison délabrée en bois blanc avec un terrasse abritée. Je m'y trouve. Au pied de la colline, des milliers de voitures à l'arrêt. J'aimerais montrer quelque chose à ceux qui s'y trouvent et je leur demande de me rejoindre sur la terrasse pour assister à un spectacle très qui va les étonner. Mais personne ne prêt attention à moi et le voitures se mettent à quitter la plaine. Alors que celles-ci sont presque toutes parties, je me concentre et par la force de ma pensée je parviens à contrôler les voitures et à les faire revenir. Surpris de ce qui vient d'arriver, le gens acceptent de me rejoindre. J'ai peur d'échouer de me ridiculiser, je me dis que je n'ai peut être aucun pouvoir, que j'ai rêvé. Pourtant je parviens avec aisance à soulever dans les airs toutes les voitures, allumant leurs phares et les faisant flotter tout autour de la colline. J'ai dressé une paroi translucide pour que les spectateurs ne soient pas éblouis. Tout en faisant voler les voitures je fais retentir une musique ou plutôt une série de sons en parfaite synchronisation avec les phares qui s'allument et s'éteignent, créant une atmosphère hypnotique.
Pendant que je contrôle cet étrange ballet qui s'étend sur une centaine de mètres autour de la colline, un homme s'assoit à mes pieds, admiratif. Je lui caresse la tête avec une pointe de mépris. Je décide de l'enterrer sous un arbre et il disparait aussitôt. J'éprouve une grande jouissance à tout contrôler aussi facilement. Mais ce moment d'intense satisfaction est interrompu par un des spectateurs qui se tient debout à côté de moi, à ma droite. Il critique la musique et je concède de mauvaise grâce qu'il a raison. Il cherche ensuite à se faire valoir à mes yeux en désignant tous ceux qui n'apprécient pas le spectacle. Son comportement m'irrite et gêne ma concentration ce qui se ressent sur mon contrôle des voitures. Excédé, je finis par le menacer de le tuer en l'avertissant que je peux écraser sa gorge d'une simple pensée. Cette manifestation d'autoritarisme et de violence sort les autres spectateurs de leur fascination, je sens qu'ils commencent à se méfier de moi. Je perds alors complètement ma concentration et les voitures s'écrasent en pluie sur le sol.
Je m'enfuis pour échapper à la foule dont je prévois la colère. En traversant la plaine recouverte de carcasses de voitures je passe devant l'arbre sous lequel j'ai enterré l'homme, seule sa tête dépasse du sol. Pris de remord, je le déterre, ce que je parviens à faire sans peine car l'homme baignait dans une boue noire visqueuse.
Je me retrouve dans une grande prairie où attendaient tous ceux qui, faute de place, n'avaient pas pu pénétrer dans la plaine. Les gens pique niquent tranquillement à côté de leurs voitures sans savoir ce qui s'est passé. Sachant qu'ils finiront par être au courant je continue de courir, je cherche à me suicider en me jetant dans le vide pour échapper à la foule. Au loin, je crois apercevoir un précipice et je me dirige vers ce que je pense en être le bord avant de me rendre compte que ce n'est qu'un dénivellement. Je continue de courir, espérant que la prochaine fois ce sera vraiment le bord d'une falaise mais je suis berné une nouvelle fois, puis une autre. Le paysage change progressivement, au fur et à mesure que j'avance. La prairie verdoyante est remplacée par un sol gris semé de rochers et d'arbres morts. Je sais que cette fois j'approche véritablement du précipice. Je suis soulage.
Je me réveille alors.